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Bioécologie

Articles avec #in memoriam

Professeur Raymond CAMPAN

26 Janvier 2016,

Publié par Bioécologie

Le Conseil d’Administration de la SFECA (Société française pour l'étude du comportement animal) a appris avec tristesse le décès du Professeur Raymond CAMPAN survenu vendredi 15 janvier 2016. Agé de 75 ans, il a été emporté par un cancer du cerveau contre lequel il se battait depuis plusieurs mois.

Raymond Campan a occupé un rôle de tout premier plan pour le développement de l’Ethologie en France et a beaucoup œuvré pendant toute sa carrière pour la défense de cette discipline, tant au niveau national qu’au niveau international. Il a exercé de nombreuses responsabilités en lien avec les sciences du comportement. Il a siégé au Comité National de la Recherche Scientifique en tant que membre de la section 29 « Fonctions mentales, Neurosciences intégratives, Comportements » (actuelle section 26) et a dirigé plusieurs structures de recherche dédiées à l’étude du comportement animal. Il avait de nombreuses collaborations à l’étranger et a été le principal organisateur du Congrès International d’Ethologie(IEC) à Toulouse en 1985. Il a été toute sa vie un membre actif de la SFECA dont il a occupé brièvement la présidence en 1987-1988. Auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l’Ethologie, c'était un enseignant à l'enthousiasme communicatif qui est certainement à l'origine de l'orientation professionnelle prise par bon nombre de ses étudiant-e-s. Il a permis aussi à de nombreuses de personnes qui n’étaient pas dans le secteur académique de valoriser leurs connaissances à l’université. Ses étudiant-e-s et collègues se souviendront de son énergie, son enthousiasme, son érudition, son ouverture d’esprit, sa curiosité insatiable, et sa disponibilité à écouter les gens.

La SFECA tient à adresser, au nom de la communauté des éthologistes français et des membres de la SFECA, ses condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches.

Thierry AUBIN
Président de la SFE
CA

Professeur Raymond CAMPAN

Albert Jacquard, l'homme qui savait pleurer

13 Septembre 2013,

Publié par Bioécologie

Un hommage de Philippe Meirieux (Professeur en Sciences de l'Education à l'université Lumière-Lyon 2) à Albert Jacquard - Le Huggfington Post.fr, 12 septembre 2013.

" Il aura été de tous nos combats. Présent et fidèle. Modeste et obstiné. Toujours lumineux. Fils de notables, il n'a cessé de dénoncer les privilèges et de s'insurger contre toutes les inégalités. Militant infatigable du "droit au logement", il ne tolérait pas que quiconque soit, à jamais, assigné à résidence.

Polytechnicien brillant, il a lutté jusqu'au bout contre les ravages de la compétition acharnée et de la sélection indigne. Il ne supportait pas la frénésie évaluative et classificatoire qui gangrène nos sociétés.

Ancien haut-fonctionnaire, il ne s'est jamais laissé impressionner par les oukases des technocrates ou les calculs des financiers. Il ne baissait pas les bras devant les "C'est pas possible!" ou les "On n'y arrivera pas!".

Généticien remarquable, il s'est battu contre toutes les simplifications innéistes, opposant à la fatalité paresseuse une foi sans faille dans l'éducation. Il savait que nul n'est jamais condamné à l'échec et que tout être peut apprendre et grandir.

Militant écologiste de la première heure, il n'a cessé de rappeler que, dans un monde fini, la seule ressource infinie est l'humain. L'humain qu'il ne voulait ni arrogant ni suffisant. L'humain qu'il savait fragile et infiniment précieux à la fois. L'humain qu'il défendait contre toutes les formes de brevetage et de marchandisation.

Contrairement aux esprits forts qui campent dans l'indifférence ou se réfugient dans l'ironie, Albert Jacquard, quand il était bouleversé, n'hésitait pas à pleurer."

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Don Thomas

30 Juin 2009,

Publié par JMB

Tous ceux et toutes celles qui connaissaient Don Thomas ont appris avec consternation son dècès. Le 30 mai 2009, à l'âge de 55 ans, le professeur Donald W. Thomas, doyen de la Faculté des sciences (Université de Sherbrooke, Québec, Canada), est décédé des suites d’un accident vasculaire cérébral, sur son terrain d'expérimentation en Corse.

Don était un homme et un scientifique extraordinaire. Son engagement pour la science était total. Ses cours et conférences étaient à son image : dynamiques, clairs, précis, passionnants (un exemple
ici). Pour tous ceux et toutes celles qui l'ont connu et apprécié, cette nouvelle est un véritable choc. Depuis son décès, plusieurs messages de sympathie lui ont été adressés : lien.

Don est décédé alors qu'il venait tout juste de poser le pied en Corse. Au même moment, je quittais la Corse, où je venais de passer quelques jours de vacances. Je savais que Don avait un terrain d'étude en Corse. En entendant le chant des mésanges et en observant les chauve-souris la nuit tombée, je ne pouvais m'empêcher de penser à Don et aux bons moments que nous avions partagés à Sherbrooke. Don ne pouvait pas laisser indifférent ; il a marqué toute une génération d'étudiants, de chercheurs, etc.

Don aimait la Corse, et on le comprend. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas cette île, voici quelques photos prises en mai 2009 : 

Pour un diaporama en grand format, cliquez ici



À travers la musique, c’est toute l’identité d’un pays, de ses hommes, de son histoire, de ses paysages qui s’exprime et s’incarne. La polyphonie corse en est l'un des exemples les plus frappants. Les chants polyphoniques sont une façon de communiquer, de communier dans la tristesse ou dans la joie, à une messe des morts, à un mariage, ou tout simplement entre amis autour d’un verre. Le groupe corse A Filetta (originaire de Lumio en Balagne) est l’exemple le plus connu des chants polyphoniques Corses. Le chant qui suit (cliquez ci-dessous sur le "triangle") a été créé en 1988; c'est « un hommage rendu à celui qui jusqu’à son dernier souffle s’est identifié à cette terre qui nous a engendrés ; c’est un hymne à l’altruisme, au don de soi. »