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Bioécologie

Articles avec #evaluation des risques et surveillance ecologiques

Pesticides : Le Foll présente un plan vert pâle face aux lobbys

30 Janvier 2015,

Publié par Bioécologie

Pesticides : Le Foll présente un plan vert pâle face aux lobbys

Un article d'Arnaud Gonzague, 30 janvier 2015, L'Obs (France)

Le gouvernement présente ce vendredi son plan pour réduire de moitié en 10 ans les pesticides agricoles. Mais la Fondation Nicolas Hulot le juge largement insuffisant.

Après Ecophyto 1, place à Ecophyto 2 ! Tel est le nom du plan présenté ce vendredi 30 janvier par ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll et destiné à réduire l’usage par les agriculteurs français de produits phytosanitaires – un doux vocable désignant tous les pesticides chimiques (herbicides, fongicides et insecticides) répandus sur les cultures.

L’objectif est, sur le papier, assez ambitieux : diviser par deux en 2025 la quantité de pesticides utilisés (par rapport à 2008), avec une étape de réduction à 25% en 2020. Ce qui n’est pas rien, car la France est le pays d’Europe le plus friand de ces produits : entre 60 et 100.000 tonnes sont pulvérisés chaque année (le chiffre exact n’est pas connu).

Avec autant de risques pour la santé des travailleurs de la terre, de pollution pour les sols, les abeilles et les eaux souterraines et, in fine, les denrées qui atterrissent dans nos assiettes – rappelons que certaines pommes consommées par les Français ont subi jusqu’à une quinzaine de traitements insecticides et plus de 28 traitements fongicides, sans parler des herbicides.

Le plan Le Foll se veut ambitieux, donc, mais en réalité, il ne l’est guère. C’est du moins ce que dénonce la Fondation Nicolas-Hulot qui tire la sonnette d’alarme : "Ce plan va dans le bon sens, mais il est encore insuffisant pour faire évoluer les pratiques, regrette Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation.

"Pendant longtemps, on a mal connu les liens qui existent entre le développement chez les paysans de certaines maladies professionnelles, comme la Parkinson et leur exposition aux pesticides. Depuis l’enquête de l’Inserm en 2013, on ne peut plus dire qu’on ne sait pas. Il faut maintenant se donner les moyens d’agir."

L’ONG a toutes les raisons d’être échaudée : comme son nom l’indique, Ecophyto 2 n’est pas le premier du nom. Il succède à un plan lancé par le Grenelle de l’Environnement en 2008 et qui se montrait encore plus volontaire : réduire de 50% les pesticides entre 2008 et 2018. Un objectif à l’époque assorti in extremis de ces deux mots de secours : "si possible".

Apparemment, cela n’a pas été "possible"... Dans l’ensemble, Ecophyto 1 a fait chou blanc : l’utilisation des pesticides par les paysans français n’a en effet pas bougé d’un iota entre 2009 et 2012. L’ambition de faire passer 20% de la surface agricole utile (SAU) au bio, tout comme de mettre 20% de bio dans les cantines françaises sont restées lettre mort (4% de la SAU est bio, qui n’a pas dépassé 2% des repas, selon la Fondation Hulot).

Seule satisfaction pour les écolos : les produits dits "CMR 1A" et "1B", les plus cancérigènes, mutagènes (provoquant des mutations génétiques) et toxiques pour la reproduction humaine, ont diminué de deux tiers, grâce au retrait des molécules.

"Mais il continue de circuler des produits contenant des substances néonicotinoïdes particulièrement dangereuses pour les insectes pollinisateurs notamment les abeilles", martèle Amandine Lebreton, en charge des questions agricoles à la Fondation Hulot.

Ce n’est pas la première fois que - pour reprendre les termes employés dans le rapport sur les pesticides rendu à Noël dernier par le député (PS) Dominique Potier - "l’impact négatif avéré" des néonicotinoïdes sur les colonies d’abeilles est pointé du doigt. En 2012, le Cruiser (un néonicotinoïde produit par Syngenta), avait été interdit en France sous pression des apiculteurs et des scientifiques, avant de l’être dans toute l’Europe en 2013.

Mais Le Foll doit aussi affronter de puissants lobbys, notamment ceux de l’Union des industries pour la protection des plantes (UIPP), appellation bucolique qui rassemble les fabricants de pesticides agricoles (Bayer, Monsato, Syngenta…) et pèse quelque 2 milliards de chiffre d’affaires, rien qu’en France. Ce consortium élabore et vend les produits, mais se charge aussi de "conseiller" les agriculteurs. Avec le risque évident que ces "recommandations" ne cherchent pas à tirer les quantités utilisées vers le bas, dénonce la Fondation Hulot, qui réclame une nette séparation entre les structures de vente et de conseil.

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Drilling for an Ancient Climate Record

30 Octobre 2014,

Publié par Bioécologie

Scientists gather for a first look at a fresh sediment core, hoping that it will offer hard data linking environmental change to human evolution. For more on the history of Earth's climate and its impact on ecological systems, see the Natural Systems in Changing Climates Special Issue.

Photo slideshow here

Gaz de schiste : les risques environnementaux et sanitaires

2 Octobre 2014,

Publié par Bioécologie

Gaz de schiste : les risques environnementaux et sanitaires

Lu dans le journal Le Monde (19 avril 2011):

" L'exploitation de gaz de schiste est de nouveau montrée du doigt. Selon un rapport officiel américain qui passe en revue quatorze compagnies du secteur, l'extraction de cette ressource naturelle par fraction hydraulique s'est faite, entre 2005 et 2009 aux Etats-Unis, avec l'aide d'injections de substances cancérigènes et polluantes. 

Rédigé par la commission de l'énergie et du commerce de la Chambre des représentants américaine, le document précise que l'exploitation a entraîné l'utilisation de 'plus de deux mille cinq cents produits pour la fracturation hydraulique contenant sept cent cinquante substances chimiques (...), dont vingt-neuf sont connues pour être cancérigènes, ou suspectées comme telles, ou représentant des risques pour la santé et l'environnement'.

Quarante-trois millions de litres de produits

Le rapport cite notamment le benzène, le toluène, le xylène et l'éthylbenzène, connus sous le sigle générique de BTEX. 'Au total, les compagnies ont injecté 43 millions de litres de produits contenant au moins un BTEX sur une période de cinq ans', note le texte.

Une autre substance, le 2-Butoxyéthanol (Butyl glycol), connue pour les risques de destruction de globules rouges ou de dommages à la moelle osseuse qu'elle fait courir, était même la plus utilisée au Texas pendant la période étudiée. Selon les parlementaires américains, les compagnies ont, en outre, utilisé des produits dont elles ont refusé de révéler la composition exacte, frappée du secret de fabrication.

Une grande quantité reste sous la terre

L'extraction par fracturation hydraulique nécessite l'injection dans la roche de grandes quantités d'eau additionnée à des produits chimiques pour faciliter les flux des hydrocarbures libérés. 'Même si certains fluides de fracturation sont retirés du puits à la fin du processus, une quantité importante reste quand même sous terre', souligne le rapport."

Remarque (blog Bioécologie) : en France, il existe un organisme compétant dans le domaine de l'évaluation des risques environnementaux et sanitaires d'une telle exploitation, il s'agit de l'Institut National de l'Environnement Industriel et des Risques (INERIS). En effet, cet institut a une expertise reconnue - entre autre - dans le domaine de l'évaluation des risques écologiques et sanitaires des substances chimiques, et plus globalement des activités industrielles, comme par exemple l'exploitation de gaz de schiste.

Créé en 1990, l’INERIS est un Établissement Public à caractère Industriel et Commercial placé sous la tutelle du ministère de l'Ecologie, du Développement durable et de l'EnergieL'INERIS a pour mission d'évaluer et de prévenir les risques accidentels ou chroniques pour l'homme et l'environnement, liés aux installations industrielles, aux substances chimiques et aux exploitations souterraines. 

A ce jour, cet institut n'a pas été mandaté par son Ministère de tutelle pour se pencher sur ce dossier. Alors que tous les éléments sont disponibles (substances chimiques utilisées, quantités, nature des sous-sols...) pour réaliser une telle évaluation des risques et ainsi apporter une réponse scientifique à cette question : y-a-t-il un risque pour la santé humaine et pour l'environnement ?

Voir à ce sujet la note rédigée par l'INERIS, ici.

Pour terminer, regardez ci-dessous cet extrait du film documentaire Gasland (régarder surtout à partir de la 4ième min).

Écrit et réalisé par Josh Fox, ce film (sorti en 2010) a pour objet l'impact environnemental et sanitaire de la méthode d'extraction du gaz de schiste par fracturation hydraulique.

 


 

Gasland, le film documentaire dans son intégralité

Climate change selects for heterozygosity in a declining fur seal population

21 Septembre 2014,

Publié par Bioécologie

Global environmental change is expected to alter selection pressures in many biological systems1,2, 3, but the long-term molecular and life history data required to quantify changes in selection are rare4. An unusual opportunity is afforded by three decades of individual-based data collected from a declining population of Antarctic fur seals in the South Atlantic. Here, climate change has reduced prey availability and caused a significant decline in seal birth weight. However, the mean age and size of females recruiting into the breeding population are increasing. We show that such females have significantly higher heterozygosity (a measure of within-individual genetic variation) than their non-recruiting siblings and their own mothers. Thus, breeding female heterozygosity has increased by 8.5% per generation over the last two decades. Nonetheless, as heterozygosity is not inherited from mothers to daughters, substantial heterozygote advantage is not transmitted from one generation to the next and the decreasing viability of homozygous individuals causes the population to decline. Our results provide compelling evidence that selection due to climate change is intensifying, with far-reaching consequences for demography as well as phenotypic and genetic variation.

For more information, click below:

La catastrophe de Fukushima plus coûteuse que prévu

30 Août 2014,

Publié par Bioécologie

Dans la zone abandonnée de Fukushima (Japon, juin 2012)
Dans la zone abandonnée de Fukushima (Japon, juin 2012)

Un article de Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance), Le Monde.fr | 30.08.2014 à 10h57 • Mis à jour le 30.08.2014 à 11h38

Combien aura coûté la catastrophe nucléaire de Fukushima ? Deux fois plus que prévu, selon Kenichi Oshima, de l’université Ritsumeikan (Kyoto) et Masafumi Yokemoto, de l’université d’Osaka. Selon les calculs dévoilés le 27 août par ces spécialistes de l’économie et des politiques environnementales, la facture de ce drame commencé en mars 2011 et dont la résolution doit prendre officiellement quarante ans dépassera les 11 000 milliards de yens (81 milliards d’euros). L’estimation officielle du gouvernement faite en décembre 2011 est de 5 800 milliards de yens (42 milliards d’euros).

Le professeur Oshima – ancien membre du comité consultatif du gouvernement sur les énergies renouvelables et l’énergie – et son collègue ne remettent pas en cause les calculs officiels. Ils les reprennent en ajoutant des coûts indirects, estimés selon des données de différentes administrations et de la Compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, responsable de la centrale endommagée).

DÉCONTAMINATION ET DÉDOMMAGEMENTS

Selon eux, les travaux nécessaires pour adapter les réacteurs aux nouvelles normes de sûreté, fixées en juillet 2013 en s’inspirant de la catastrophe de Fukushima, devraient coûter près de 2 200 milliards de yens (15 milliards d’euros). La décontamination des 2 400 km² – quasiment la taille du Luxembourg – de zones polluées aux substances radioactives reviendrait à 2 480 milliards de yens (18 milliards d’euros). Une somme complétée par 1 060 milliards de yens (7,7 milliards d’euros) pour le stockage temporaire des déchets générés par cette décontamination.

A cela pourraient s’ajouter 2 170 milliards de yens (15,8 milliards d’euros) pour démanteler la centrale sinistrée, ainsi que 4 910 milliards de yens (35,7 milliards d’euros) pour dédommager les victimes et les personnes ayant perdu leur emploi à cause de la catastrophe,.

Le professeur Oshima souligne par ailleurs que son estimation est un minimum car les coûts devraient encore augmenter. La hausse serait due au traitement des éléments radioactifs produits par le démantèlement des réacteurs endommagés et à l’évolution des dédommagements. Sur ce dernier point, aucune limite financière n’a été fixée.

Pour ces compensations, Tepco utilise l’argent d’un fonds spécial créé en septembre 2011, alimenté par le gouvernement et les autres compagnies d’électricité et qui restera en place après la résolution de la catastrophe de Fukushima. Ce fonds a vu son plafond de crédits disponibles relevé en décembre 2013 de 5 000 à 9 000 milliards de yens (36,4 à 65,6 milliards d’euros). Tepco doit rembourser l’argent utilisé, accordé sous forme de prêts sans intérêt.

RELANCE DU NUCLÉAIRE

L’entreprise n’a pas souhaité commenter l’étude du professeur Oshima. Le ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie, qui s’occupe notamment de la promotion du nucléaire mais qui a officiellement perdu le contrôle de la sûreté après la catastrophe de Fukushima, n’y voit qu’une « étude parmi d’autres ».

La presse nippone est restée étonnamment silencieuse sur les annonces des deux chercheurs. Leurs travaux sont dévoilés alors que le gouvernement du premier ministre Shinzo Abe, soutenu par la principale fédération patronale, Keidanren, cherche à relancer les réacteurs nucléaires à l’arrêt. En avril, l’administration Abe a fait du nucléaire un « élément de base important de la production d’électricité ». En 2015, les autorités annonceront la part de l’atome dans la politique énergétique du Japon.

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