Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Bioécologie

Articles avec #actualites-news

Bruno Lemaitre : « Le système de recherche favorise les personnalités narcissiques »

7 Septembre 2016,

Publié par Bioécologie

Un article du journal Le Monde (05.09.2016) - Propos recueillis par Sandrine Cabut

Spécialiste des réponses immunitaires aux infections chez les insectes, l’immunologiste Bruno Lemaitre a débuté sa carrière dans le laboratoire du professeur Jules Hoffmann, Prix Nobel de médecine en 2011. Il dirige aujourd’hui un laboratoire de recherche à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL, Suisse).

Au fil de sa vie professionnelle, il s’est pris de passion pour un tout autre sujet : l’influence des traits de personnalité des chercheurs, et en particulier du narcissisme, sur la science. Une thématique méconnue qu’il décortique dans un ouvrage étonnant : An Essay on Science and Narcissism (Essai sur la science et le narcissisme, autoédition, non traduit, disponible sur Internet et dans certaines librairies, 270 pages, 18 euros).

Pourquoi s’intéresser au narcissisme en science ?

Les personnalités narcissiques, et l’augmentation « épidémique » de ce trait de personnalité ces dernières décennies ont été très étudiées dans les pays anglo-saxons, mais beaucoup moins en France. C’est un prisme très intéressant pour comprendre le monde contemporain, et notamment celui de la recherche.

La science, comme la société, traverse une crise de valeurs avec une augmentation de la fraude, une montée des inégalités, une emphase excessive sur la communication. La forte compétition qui y prévaut est sans nul doute pour quelque chose. Une autre explication est de lier cette crise à la prévalence des narcissiques. Ces individus, souvent séduisants au premier abord, se caractérisent par leur obsession pour le statut, et se focalisent sur les bénéfices à court terme.

Ainsi, un chercheur narcissique élaborera facilement, à partir de données modestes, un article provocateur et brillantissime, qui lui permettra d’obtenir un poste à l’université et de nouveaux financements. Lorsque, dix ans après, la communauté se rend compte de la supercherie, il est trop tard ! La multiplication de tels actes entraîne une perte de confiance au sein du monde scientifique.

Les chercheurs américains avaient déjà remarqué qu’une grande majorité des acteurs de la crise financière de 2008 étaient narcissiques, obsédés par leur classement, le pouvoir et le sexe. Le narcissisme est aussi très prévalent dans le monde politique, de l’art et du show-business. Mais retrouver de telles personnalités en science est plus inattendu. Les scientifiques sont censés être plus objectifs, travailler dans un esprit communautaire, altruiste.

Réaliser que des comportements apparemment « stratégiques » sont liés à des traits de personnalité et fonctionnent à un niveau largement inconscient a été un choc pour moi, cela amène à raisonner autrement. Il est ­important de souligner que l’ego a aussi des ­aspects très positifs. Il en faut une certaine dose pour poursuivre ses passions, et en science l’originalité est recherchée.

Comment avez-vous procédé pour approfondir ce sujet, bien loin de vos thématiques de recherche ?

Je me suis immergé dans des domaines qui m’étaient inconnus : les travaux américains de psychologie sur le narcissisme ; ceux de la psychologie évolutionniste sur la dominance et les hiérarchies sociales.

J’ai commencé à lire, et c’est devenu une passion dévorante, puis une passion de chercheur. Dans les biographies de grands scientifiques, ces aspects sont peu développés, à part quelques allusions entre les lignes. Une exception est la biographie de l’immunologiste danois Niels Jerne – prix Nobel de médecine en 1984 – écrite par l’historien des sciences Thomas Söderquist.

Dans son livre, rédigé à partir de multiples entretiens avec Jerne, le biographe décrit toutes les facettes de ce chercheur, exemple caricatural de narcissique. Söderquist a eu du mal à terminer sa biographie, dégoûté de son sujet ! Il avait interrogé quelqu’un qu’il pensait être un grand homme, il a découvert tout autre chose.

Adulé de son vivant et considéré comme l’un des plus grands biologistes de son temps, Jerne est ­apparu comme séducteur, dominant et recherchant des situations qui le mettaient en situation de supériorité. Il avait tendance à transformer ses découvertes en moments mythiques, sans reconnaître la moindre filiation à d’autres chercheurs…

Sa vie personnelle est aussi emblématique du narcissisme. Il s’est marié trois fois et a été régulièrement infidèle. Sa première épouse, qu’il a négligée, a fini par se suicider. La deuxième est rapidement devenue une sorte d’esclave domestique et il s’est finalement remarié avec ce que les spécialistes appellent un « trophée » : une femme de vingt ans plus jeune que lui, très soignée, qui inconsciemment renvoie à son statut d’homme supérieur.

Le narcissisme est souvent associé à la phase sombre des « grands hommes », qui, par leur obsession pour la gloire, détruisent leurs proches. Les blessures sont profondes, car ceux-ci ont été littéralement utilisés par le narcissique pour monter en puissance, puis abandonnés comme de vieilles chaussettes dès qu’ils ne lui sont plus utiles.

Quels sont pour vous les autres exemples les plus typiques ?

Jerne est un cas extrême mais les exemples sont innombrables. On peut citer Jacques Monod, l’un des fondateurs de la biologie moléculaire, Prix Nobel de médecine en 1965. Il ne fait pas de doute qu’il fut un grand scientifique, mais il est décrit par ses proches comme un intellectuel arrogant, avec un fort besoin de dominer. On peut se demander dans quelle mesure ces traits de personnalité ont joué un rôle dans l’attribution de son prix Nobel, et sur sa prééminence intellectuelle.

Vous décrivez plusieurs types de chercheurs narcissiques, quels sont-ils ?

En France, la figure classique est celle du « grand mandarin », aujourd’hui en perte de vitesse. C’est un scientifique qui n’est pas connu pour ses grandes idées, mais pour sa capacité à réussir dans un système dans lequel l’administration est très lourde. Son ambition personnelle fusionne avec celle de son laboratoire. Son mode de fonctionnement, c’est le donnant-donnant : il soutient les gens qui le soutiennent, inconsciemment bien sûr.

Le mandarin est un homme de réseaux qui lui permettent d’obtenir des financements, d’occuper le terrain médiatique, de publier dans les meilleures revues, d’obtenir des prix prestigieux… Pour des récompenses comme les Nobel, il faut se battre pour être le plus visible, et les narcissiques ont cette capacité innée à être visible.

Un autre exemple plus moderne est le chercheur visionnaire. Pour lui, la science est une start-up, il sait trouver les mots-clés sexy pour charmer les politiques, les investisseurs et les journalistes. Il est sans arrêt engagé dans des méga-projets à fort impact médiatique, où il brûle beaucoup d’argent sans forcément beaucoup de résultats.

Cette agitation fascine sur le moment mais masque un manque de profondeur à long terme. Le mandarin et le visionnaire sont deux figures facilement reconnaissables mais, dans la réalité, le narcissisme influence la science de manière plus subtile.

Réseautage, fraude scientifique… Les conséquences du narcissisme sur la science, que vous citez, ont de quoi inquiéter.

Une des conséquences négatives du narcissisme est de détruire la confiance nécessaire au bon fonctionnement d’une communauté. Par son comportement égoïste, le narcissique tire des avantages personnels, mais il entraîne les autres à faire de même. A la fin, on est tous perdants.

Aujourd’hui, la communauté scientifique s’organise pour lutter contre les fraudes et des voix s’élèvent pour un système plus égalitaire. Mais ce n’est pas si simple car les universités, sous la pression des politiques, sont en lutte pour plus de visibilité, ce qui favorise les personnalités narcissiques, capables de capter l’attention.

Les institutions ont tendance aussi à protéger les fraudeurs pour garder une bonne image auprès du public. Cela rend d’autant plus important le travail des lanceurs d’alerte qui révèlent les dysfonctionnements.

Bruno Lemaitre : « Le système de recherche favorise les personnalités narcissiques »

Les étudiants de grandes écoles s'approprient le doctorat : une imposture bien française

20 Juin 2016,

Publié par Bioécologie

Un doctorat n’est pas un essai malin marqué par l’esbroufe, mais un travail personnel, original, conçu sur un temps long (de trois à six ans et plus), un chef d’œuvre qui, quelque que soit la matière, vise à repousser les limites du savoir acquis, en physique, en histoire, en mathématique, en théologie, etc.

Au sortir de leur "soutenance de travaux", ingénieurs, diplômés d’écoles de commerce et hauts fonctionnaires, tous, sans savoir même ce qu’est la recherche, sans en avoir jamais fait, ajouteront pompeusement sur leur carte de visite les trois lettres magiques, "Ph.D".

Par François Garçon (Enseignant-chercheur) - 18/06/2016 -

La réforme du doctorat, qui entrera en application à la rentrée 2016, permettra aux étudiants français sortis de grandes écoles d'obtenir un Ph.D par validation des acquis par l’expérience (VAE). Une mesure qui, selon l'enseignant-chercheur François Garçon, phagocyte le titre qui fait la gloire des universités dans le monde entier.

Entre autres vertus, la mondialisation permet de mieux voir nos faiblesses. Ainsi, dans l’éducation, les tests PISA ont montré que les collégiens français étaient très médiocres dans l’ensemble : ils lisent plutôt plus mal que leurs voisins européens, calculent plus mal aussi et ont un niveau scientifique inférieur à leurs voisins nordiques et germaniques.

Dans la voiture balai, on trouve encore la plupart de nos universités et quasiment toutes nos "grandes écoles" que, nous l’a-t-on pourtant servi, le monde entier nous enviait.

Des diplômes indéchiffrables hors de France

Sur le marché du travail, l’internationalisation des parcours a encore permis de vérifier que les diplômes que distribuent nos écoles d’ingénieurs et de commerce, dont raffolent les DRH français, étaient indéchiffrables sitôt sortis de France, donc dotés d’une faible valeur marchande, notamment dans l’univers germanique et anglo-saxon.

Quelle n’est pas en effet la stupeur de leurs détenteurs quand, à Londres ou à Zurich, ils doivent expliquer à leurs futurs employeurs que leur diplôme d’ingénieur ou commercial vaut largement tout diplôme universitaire. L’incompréhension des étrangers tient à ce que, chez eux, le diplôme le plus élevé est le Ph.D, autrement dit le doctorat.

"Kezako ?" se demande alors l’ingénieur polytechnicien. Au risque de se répéter, on rappellera qu’un doctorat n’est pas un assignat distribué gracieusement à tous ceux ayant survécu au concours d’entrée d'une école de commerce ou d’ingénieur, ni non plus un papier sanctionnant un classement de sortie. Un doctorat n’est pas un essai malin marqué par l’esbroufe, mais un travail personnel, original, conçu sur un temps long (de trois à six ans et plus), un chef d’œuvre qui, quelque que soit la matière, vise à repousser les limites du savoir acquis, en physique, en histoire, en mathématique, en théologie, etc.

L'endurance du marathonien

Pour son parcours solitaire, le doctorant aura intérêt à montrer un appétit non opportuniste pour la discipline où il s’immerge pendant un temps si long. Ce travail individuel, sans concurrence, sacerdoce très mal payé (quand il l’est) ne débouchant sur aucun statut ni rente, témoigne encore sur la capacité d’endurance du marathonien.

Au cours de cette entreprise, le doctorant apprend à poser les questions, puis tentera de les résoudre de manière originale, par rapport au savoir accumulé jusqu’à lui dans son champ scientifique.

Les docteurs "savent résoudre des problèmes complexes et mal posés, notamment quand la solution n’est pas connue", selon l’heureuse formulation de la porte-parole de la Confédération des jeunes chercheurs.

Caniche savant

On aura compris que la recherche doctorale est aux antipodes de la formation de nos fameuses élites auto-déclarées, toutes passées par les classes préparatoires, puis issues des écoles d’ingénieurs et de commerce qui, jusqu’à peu, étaient si fières de leurs diplômes.

Leurs étudiants y accèdent via un concours sur table, épreuve chronométrée, durant laquelle ils démontrent leur capacité à régurgiter un savoir scolaire acquis en deux ans, à résoudre rapidement un problème dont la solution est connue des examinateurs.

Le concours, qu’il soit d’entrée ou de sortie, est un exercice de caniche savant : celui qui colle au plus près de la solution donnée est déclaré vainqueur. Dans l’univers de la thèse, il n’y a ni concours, ni classement, ni singe savant.

Exception française

Tout tournait rond jusqu’à ce que nos expatriés s’entendent dire que leurs assignats les condamnaient à des rôles subalternes. Hors de France, seul le doctorat, diplôme reconnu au plan planétaire, signale l’excellence du parcours.

En dépit des efforts de nos missions diplomatiques pour rendre intelligible la spécificité du marché des diplômes français, rien n’y fait. Au diable les diplômés d’une "grande école", ont-ils ou non un Ph.D ? Diplôme qu’auraient ainsi tous les banquiers des banques centrales, hormis le Français.

Et, dès lors, comment parvenir à doper les diplômes des grandes écoles tout en s’épargnant le lourd investissement du doctorat ? Exercice délicat, d’autant que, brocardée dans les classes préparatoires et les écoles pour être le chaudron de la médiocrité de masse, c’est l’université qui dispense encore l’immense majorité des doctorats.

Trois lettres magiques

Ne sous-estimons cependant pas la caste française, jamais à court d’idées pour la défense de ses intérêts. La potion magique est sortie du cerveau de hauts fonctionnaires, tous issus d’établissements qui, du doctorat, ignorent tout.

Cette potion se nomme VAE : validation des acquis par l’expérience. Elle concernait jusqu’à présent le niveau master. Désormais, l’expérience professionnelle pourra aussi valoir doctorat. Un "comité de suivi individuel du doctorant" coachera le candidat, et le directeur de thèse n’aura plus même à siéger au jury de soutenance.

Exit encore les mentions qui, considérant la médiocrité inévitable des pièces du dossier en regard de ce qu’est une recherche doctorale, auraient inévitablement mazouté ces entourloupes.

Au sortir de leur "soutenance de travaux", ingénieurs, diplômés d’écoles de commerce et hauts fonctionnaires, tous, sans savoir même ce qu’est la recherche, sans en avoir jamais fait, ajouteront pompeusement sur leur carte de visite les trois lettres magiques, "Ph.D".

Fausse monnaie

Soyons certains qu’ils seront nombreux, les universitaires français à ne pas cracher sur les carottes associées à la fabrication de cette fausse monnaie. Qu’importe le déshonneur, pourvu que tombe une prime d’encadrement !

Il n’est pas sans intérêt de voir comment la caste française s’y est prise pour phagocyter sans vergogne le titre qui fait la gloire des universités dans le monde entier, universités qu’elle considère par ailleurs comme un dépotoir repoussant et dont elle détourne ses rejetons.

Lire la fin de l'article ici.

Les docteurs "savent résoudre des problèmes complexes et mal posés, notamment quand la solution n’est pas connue". Ce travail individuel, sans concurrence, sacerdoce très mal payé (quand il l’est) ne débouchant sur aucun statut ni rente, témoigne encore sur la capacité d’endurance du marathonien.

On aura compris que la recherche doctorale est aux antipodes de la formation de nos fameuses élites auto-déclarées. Leurs étudiants y accèdent via un concours sur table, épreuve chronométrée, durant laquelle ils démontrent leur capacité à régurgiter un savoir scolaire acquis en deux ans, à résoudre rapidement un problème dont la solution est connue des examinateurs.

Politique de la recherche : démission de masse à l’ANR

10 Juin 2016,

Publié par Bioécologie

Un article de Sylvestre Huet (9 juin 2016):

"Cela va de plus en plus mal à l’Agence nationale de la recherche (ANR). Cette agence de financement sur appel d’offre compétitif vient d’encaisser un coup dur avec la démission, le 6 juin, de la totalité des membres de son comité chargé d’évaluer et classer les projets déposés par les chercheurs en mathématiques et informatique. Une démission « en bloc », expliquent-ils, pour « protester contre la confiscation des choix scientifiques par une gestion entièrement administrative ». Le comité, animé par son président Christophe Besse (professeur de mathématiques, Université Toulouse 3), Marie-Claude Arnaud (professeur de mathématiques, Université d’Avignon) et Max Dauchet, (professeur émérite d’informatique, Université Lille-1), ne transmettra donc pas ses travaux à la direction de l’ANR."

Pour lire la suite, cliquez ici

Politique de la recherche : démission de masse à l’ANR

L'agroécologie : des méthodes plus efficaces que le recours aux engrais et pesticides chimiques pour stimuler la production alimentaire dans les régions difficiles où se concentre la faim

17 Mai 2016,

Publié par JMB

Communiqué des Nations Unis, du Haut-Commissariats aux Droits de l'Homme, 8 mars 2011 

Riziere-photo-Jean-Marc-Bonzom.jpgEn à peine 10 ans, les petits agriculteurs peuvent doubler la production alimentaire des régions vulnérables en recourant à des méthodes de production écologiques, affirme un nouveau rapport de l’ONU. Fondé sur un examen approfondi des plus récentes recherches scientifiques, le rapport appelle à un virage fondamental en faveur de l'agroécologie comme moyen d’accroître la production alimentaire et de réduire la pauvreté rurale.

« Si nous voulons nourrir 9 milliards de personnes en 2050, il est urgent d'adopter les techniques agricoles les plus efficaces », explique Olivier De Schutter, Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l'alimentation et auteur du rapport. « Et les preuves scientifiques actuelles démontrent que les méthodes agroécologiques sont plus efficaces que le recours aux engrais chimiques pour stimuler la production alimentaire dans les régions difficiles où se concentre la faim. »

L’agroécologie applique la science écologique à la conception de systèmes agricoles qui répondent aux défis climatiques, alimentaires et de pauvreté rurale. Cette approche améliore la productivité des sols et protège les cultures en s'appuyant sur l'environnement naturel comme certains arbres, plantes, animaux et insectes.

« À ce jour, les projets agroécologiques menés dans 57 pays en développement ont entraîné une augmentation de rendement moyenne de 80% pour les récoltes, avec un gain moyen de 116% pour tous les projets menés en Afrique », explique le Rapporteur de l’ONU. « De récents projets menés dans 20 pays africains ont même démontré un doublement des rendements des cultures sur une période de 3 à 10 ans. »

« L'agriculture conventionnelle accélère le changement climatique, repose sur des intrants coûteux et n’est pas résiliente aux chocs climatiques. Elle n’est tout simplement plus le meilleur choix pour l’avenir », affirme l’expert de l’ONU.

« L’agroécologie est au contraire reconnue par un nombre croissant d’experts pour son impact
positif en termes de production alimentaire, de réduction de la pauvreté et d'atténuation du changement climatique. Même le Malawi, un pays qui a lancé il y a quelques années un important programme de subvention des engrais chimiques, met désormais en oeuvre des programmes agroécologiques. Ceux-ci bénéficient à plus de 1,3 million de personnes qui ont vu les rendements de maïs passer de 1 tonne/ha à 2-3 tonnes/ha. »

Le rapport souligne aussi que les projets agroécologiques menés en Indonésie, au Vietnam et au Bangladesh ont réduit de 92% l'utilisation d'insecticides pour le riz, permettant aux agriculteurs pauvres de faire d’importantes économies financières. « Remplacer les pesticides et les engrais par la connaissance de la nature fut un pari gagnant, et des résultats comparables abondent dans d'autres pays asiatiques, africains, et latino-américains », note Olivier De Schutter.

« L'approche gagne aussi du terrain dans les pays développés comme les États-Unis, l'Allemagne ou la France », poursuit l’expert. « Toutefois, en dépit de son incroyable potentiel dans la réalisation du droit à l'alimentation, l'agroécologie est encore insuffisamment soutenue par des politiques publiques ambitieuses, et peine donc encore à dépasser le stade expérimental. »

Lire la suite ici

Tchernobyl : 30 ans plus tard

25 Avril 2016,

Publié par Bioécologie

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explosait, provoquant le pire accident nucléaire de l'histoire. Dans les jours qui suivirent environ 250 000 personnes furent évacuées de la zone d'un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale. Trente ans après, cette "zone d'exclusion nucléaire" est pourtant habitée par plusieurs centaines de résidents illégaux, malgré la radioactivité qui ne disparaîtra pas avant plusieurs siècles.

A RIVER ON FIRE! Gas explodes from Australian river near fracking site

24 Avril 2016,

Publié par Bioécologie

Australian Greens MP Jeremy Buckingham has set a river on fire in an attempt to prove it is being affected by fracking.

Jeremy Buckingham: "A RIVER ON FIRE! Gas explodes from Australian river near fracking site. I was shocked by force of the explosion when I tested whether gas boiling through the Condamine River, Qld was flammable. So much gas is bubbling through the river that it held a huge flame.

There has been concern that fracking and extraction of coal seam gas could cause gas to migrate through the rock. Not only is it polluting the river and air, but methane is an extremely potent heat trapping gas. Fugitive emissions from the unconventional gas industry could be a major contributor to climate change and make gas as dirty as burning coal.

Gas first started bubbling though the river shortly after the coal seam gas industry took off in the Chinchilla area. Since then the volume of gas bubbling through the river has massively increased and has spread along the river.

You can see stakes in the river bank were the Queensland Government has marked each gas seep. You can also see pipework near the river where Origin Energy has installed for monitoring the gas bubbling through the river."

Pause...

22 Mars 2016,

Publié par Bioécologie

A thought for our friends, colleagues and Belgian neighbors.

Une pensée pour nos amis, collègues et voisins belges.

The “Trimates,” The Founding Mothers of Primatology

8 Mars 2016,

Publié par Bioécologie

Birute Galdikas (orangutans), Jane Goodall (chimpanzees) and Dian Fossey (gorillas in particular mountain gorillas) (Read more here)

The Jane Goodall Institute, the Karisoke Research Center (founded by Fossey), and the Orangutan Foundation International (founded by Galdikas) are part of the remarkable legacy of these tireless women, whose work in understanding and protecting humanity’s closest living relatives will never be finished.

The “Trimates,” The Founding Mothers of Primatology

La déforestation menace les oiseaux à grand bec et les graines de palmier au Brésil

27 Février 2016,

Publié par Bioécologie

Un article d'Emmanuel Perrin publié sur Maxisciences (8 juin 2013)

"Selon une nouvelle étude, la disparition des oiseaux à grand bec liée à la fragmentation des forêts tropicales brésiliennes a entrainé dans la région une diminution de la taille et de la vivacité des graines de palmier.

Nombreuses sont les conséquences de la déforestation. Pour les scientifiques, la prise de conscience des tenants et aboutissants d'une activité aussi dévastatrice est donc un véritable défi. Une nouvelle fois, une équipe internationale de chercheurs a mis en évidence une répercussion jusqu'à présent insoupçonnée. Selon leur nouvelle étude, la disparition des oiseaux à grands becs dans les forêts tropicales brésiliennes a entrainé au cours du dernier siècle une réduction notable des graines de palmiers.

Pour en arriver à une telle conclusion, les chercheurs ont récolté des graines sur des sites intacts de la forêt vierge brésilienne et les ont comparées avec celles des zones ayant servi dans les années 1800 aux exploitations de café et de Canne à Sucre. Au total, 9.000 graines provenant de 22 populations différentes d'Euterpe edulis ont été ramassées. Les résultats, publiés dans la revue Science (The birds and the seeds, Science, 31 mai 2013) mettent en évidence des graines nettement plus petites dans les zones de la forêt fragmentées par les plantations de sucre ou de café.

Selon les scientifiques, une telle conséquence serait directement liée à la disparition des oiseaux à grand bec et "disperseurs" de grosses graines, comme le toucan ou de grands cotingas. Ces animaux sont en effet incapables de nicher dans des territoires fragmentés par les plantations. Des analyses génétiques supplémentaires ont permis de déterminer le temps de réduction de la taille des graines de palmier après la perturbation initiale. Celui-ci ne serait que d'une centaine d'année.

Un changement aux lourdes conséquences

Ce bouleversement de l'écosystème peut avoir des effets désastreux. "Les petites graines sont plus vulnérables à la dessiccation et ne pourront (...)

Lire la suite ici

Un toucan toco (Ramphastos toco) - Photo de Lindolfo Souto (http://500px.com/LindolfoSouto)

Un toucan toco (Ramphastos toco) - Photo de Lindolfo Souto (http://500px.com/LindolfoSouto)