Bioécologie

RAS nucléaire, rien à signaler : un documentaire qui donne la parole aux ouvriers du nucléaire

25 Mars 2011,

Publié par JMB

Ce soir, sur Arte  programmation spéciale - Vendredi 25 mars à partir de 20h40.

 

Je n'ai jamais vu ces deux films. Mais il me semble pertinent d'en signaler leur diffusion au regard des accidents nucléaires majeurs qui frappent en ce moment le Japon. Je vous laisse seul juge de la qualité de ces films. Le débat "scientifique" est ouvert !

A 22h10, Arte diffusera donc un film de l'auteur et réalisateur Alain De Halleux (2008) : "RAS nucléaire, rien à signaler". Mais vous pouvez également  voir l'intégralité de ce film, dès à présent, sur le site Internet d'Arte : ici. Ce film enquête donne la parole aux ouvriers du nucléaire. 

 



Synopsis :

Des ouvriers du nucléaire sortent de l'ombre pour dresser un tableau inquiétant de leurs conditions de travail et de sécurité. Une enquête exemplaire.
On les appelle les "jumpers", ils sont chargés d'entrer dans le générateur de vapeur pour obturer les tuyaux qui le relient au réacteur nucléaire. Séjour maximum autorisé : de 90 à 120 secondes, sous peine de surdosage radioactif ! Ils font partie de la masse des ouvriers intérimaires et sous-payés, chargés de maintenance dans les centrales nucléaires (décontamineurs, mécaniciens, contrôleurs...). Des travailleurs de l'ombre qui, avec ce film, sortent pour la première fois du silence pour dresser un tableau inquiétant d'un des fleurons de l'industrie européenne. Depuis la libéralisation des marchés et la privatisation des groupes énergétiques, les conditions de travail semblent en effet se dégrader, au mépris de la santé des ouvriers et de la sécurité. Au nom de la rentabilité, EDF/GDF-Suez, Areva et les autres recourent de plus en plus à la sous-traitance, rognent sur les effectifs et la maintenance, font pression sur les employés...
Urgent à signaler
Malgré les efforts déployés pour alerter l'opinion (souvent sanctionnés par des licenciements), les autorités font la sourde oreille. Un malaise que dénoncent des ouvriers principalement belges et français, éclairé par des experts-chercheurs, une sociologue et un ancien président d'EDF, Marcel Boiteux... "Du risque 0, nous sommes passés au risque calculé", affirme un employé. Les "petits" incidents se sont multipliés, avec une centaine d'alertes de niveau 1 chaque année : en 2006, après un court-circuit, une centrale suédoise frôle la catastrophe à 7 minutes près ; en 2008, une fuite d'uranium contamine cent ouvriers à Tricastin. Contrôleurs priés d'ignorer les dysfonctionnements, employés cachant les incidents par peur des sanctions, grands groupes déresponsabilisés par l'externalisation des tâches : ce constat édifiant montre combien la sécurité collective est en jeu.

En première partie, à 20h40, un film de science-fiction "Alerte maximale" sera également diffusé. Ce film a été réalisé par Andreas Prochaska, en 2008.

 

Synopsis :

Au lendemain d'une catastrophe nucléaire, la panique s'empare de la population. Un scénario d'un réalisme saisissant.

4 heures du matin, dans une centrale nucléaire tchèque proche de la frontière autrichienne. Suite à un grave accident, l'alerte maximale est déclenchée par les autorités. Côté autrichien, la population est priée de rester chez elle, mais il est difficile de cloîtrer les habitants dans leurs maisons. La panique s'installe. Le pays mobilise toutes ses forces d'intervention : il faut mesurer le taux de contamination chez les humains et les animaux, étudier la propagation éventuelle dans la chaîne alimentaire. Mais comment prévenir une population confrontée à un danger invisible ?

Andreas Prochaska met en scène un scénario catastrophe d'un réalisme saisissant. Ce réalisateur de polars a déjà mis ses talents au service de la fameuse série Tatort et de Berlin brigade criminelle (dont ARTE a récemment diffusé la deuxième saison).

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Guillaume 27/03/2011



A-ton fait des suivis de niveau de radioactivité dans le sol et dans l'eau comme on l'a fait dans l'air. Pourquoi ne continue-t-on pas à le faire dans l'air ? Est-ce que ce n'est plus utile ? Si
oui, qu'en est-il des résultats ?



Guillaume 27/03/2011



D'après les informations de la télévision, il semble sortir actuellement de la centrale de Fukushima plus 8000 fois la dose annuelle autorisée pour le personnel en cas d'accident majeur.
Aujourd'hui, la radioactivité qui s'échappe toutes les heures correspond à la dose autorisée en 1 an !


Avec une telle dose, on ne peut plus s'approcher du réacteur... que faire ? A-t-on le savoir-faire, l'expérience, la technologie pour faire face à un tel sinistre ?



Tomomi 01/04/2011



C’est un documentaire intitulé « la Centrale Nucléaire Ginza », concernant les
conditions de travail des ouvriers intérimaires et des jumpeurs japonais au cours des années 70 et 80 (l’URL ci-dessous). Cette émission a été télévisée sur Channel 4 (UK) en 1995 et n’a jamais
été émise au Japon. « Ginza » est un des quartiers fréquentés de ville de Tokyo. Ici, il signifie « nombreux » au sens figuré.


 


URL:http://kempton.wordpress.com/2011/03/24/documentary-nuclear-ginza-by-channel-4-great-britain-1995/.


 


Dans ce documentaire anglais, les décontamineurs japonais n’ont eu aucune formation ni protection
nécessaire. Et ce qui est pire, TEPCO a engagé des SDF en tant que jumpeur afin de rogner sur les paies et la maintenance et de dissimuler les accidents répétés du site. Ces SDF étaient effacés
dans ce monde sans savoir la cause de leurs maladies graves et mortelles.


 


Maintenant je vois des travailleurs subissent une négligence terrifiante de TEPCO sur le terrain
du site FUKUSHIMA DAIICHI et surtout dans l’accident du 24 mars : deux sous-traitants irradiés par une flaque d’eau radioactive ne portaient même pas les bottes de protection contre la forte
dose de radioactivité. Je me demande si ces ouvriers sont issus d’un milieu « SDF »... L’histoire se répète. La création de centrales nucléaires nous a provoqué à un tel traitement
inhumain et dégradant...


 


Il semble que TEPCO ait bâti les centrales nucléaires au mépris de la sûreté des installations.
Voilà pourquoi plusieurs accidents sont survenus dans tous les vieux réacteurs. La centrale nucléaire FUKUSHIMA DAIICHI n’est pas une exception ; elle a été construite en 1971. Le séisme et
le tsunami du 11 mars 2011 sont des catastrophes naturelles, et pourtant cette calamité nucléaire est provoquée par l’imprudence de l’État japonais, de TEPCO, de la Comité de la conservation d'énergie atomique et du peuple qui ignore complètement le
danger majeur de l’énergie nucléaire. Qui sème le vent récolte la tempête...