RAS nucléaire, rien à signaler : un documentaire qui donne la parole aux ouvriers du nucléaire
Ce soir, sur Arte programmation spéciale - Vendredi 25 mars à partir de 20h40.
Je n'ai jamais vu ces deux films. Mais il me semble pertinent d'en signaler leur diffusion au regard des accidents nucléaires majeurs qui frappent en ce moment le Japon. Je vous laisse seul juge de la qualité de ces films. Le débat "scientifique" est ouvert !
A 22h10, Arte diffusera donc un film de l'auteur et réalisateur Alain De Halleux (2008) : "RAS nucléaire, rien à signaler". Mais vous pouvez également voir l'intégralité de ce film, dès à présent, sur le site Internet d'Arte : ici. Ce film enquête donne la parole aux ouvriers du nucléaire.
Synopsis :
Des ouvriers du nucléaire sortent de l'ombre pour dresser un tableau inquiétant de leurs conditions de travail et de sécurité. Une enquête exemplaire.
On les appelle les "jumpers", ils sont chargés d'entrer dans le générateur de vapeur pour obturer les tuyaux qui le relient au réacteur nucléaire. Séjour maximum
autorisé : de 90 à 120 secondes, sous peine de surdosage radioactif ! Ils font partie de la masse des ouvriers intérimaires et sous-payés, chargés de maintenance dans les centrales nucléaires
(décontamineurs, mécaniciens, contrôleurs...). Des travailleurs de l'ombre qui, avec ce film, sortent pour la première fois du silence pour dresser un tableau inquiétant d'un des fleurons de
l'industrie européenne. Depuis la libéralisation des marchés et la privatisation des groupes énergétiques, les conditions de travail semblent en effet se dégrader, au mépris de la santé des
ouvriers et de la sécurité. Au nom de la rentabilité, EDF/GDF-Suez, Areva et les autres recourent de plus en plus à la sous-traitance, rognent sur les effectifs et la maintenance, font pression
sur les employés...
Urgent à signaler
Malgré les efforts déployés pour alerter l'opinion (souvent sanctionnés par des licenciements), les autorités font la sourde oreille. Un malaise que dénoncent des
ouvriers principalement belges et français, éclairé par des experts-chercheurs, une sociologue et un ancien président d'EDF, Marcel Boiteux... "Du risque 0, nous sommes passés au risque calculé",
affirme un employé. Les "petits" incidents se sont multipliés, avec une centaine d'alertes de niveau 1 chaque année : en 2006, après un court-circuit, une centrale suédoise frôle la catastrophe à
7 minutes près ; en 2008, une fuite d'uranium contamine cent ouvriers à Tricastin. Contrôleurs priés d'ignorer les dysfonctionnements, employés cachant les incidents par peur des sanctions,
grands groupes déresponsabilisés par l'externalisation des tâches : ce constat édifiant montre combien la sécurité collective est en jeu.
En première partie, à 20h40, un film de science-fiction "Alerte maximale" sera également diffusé. Ce film a été réalisé par Andreas Prochaska, en 2008.
Synopsis :
Au lendemain d'une catastrophe nucléaire, la panique s'empare de la population. Un scénario d'un réalisme saisissant.
4 heures du matin, dans une centrale nucléaire tchèque proche de la frontière autrichienne. Suite à un grave accident, l'alerte maximale est déclenchée par les autorités. Côté autrichien, la population est priée de rester chez elle, mais il est difficile de cloîtrer les habitants dans leurs maisons. La panique s'installe. Le pays mobilise toutes ses forces d'intervention : il faut mesurer le taux de contamination chez les humains et les animaux, étudier la propagation éventuelle dans la chaîne alimentaire. Mais comment prévenir une population confrontée à un danger invisible ?
Andreas Prochaska met en scène un scénario catastrophe d'un réalisme saisissant. Ce réalisateur de polars a déjà mis ses talents au service de la fameuse série Tatort et de Berlin brigade criminelle (dont ARTE a récemment diffusé la deuxième saison).

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Guillaume 27/03/2011
Guillaume 27/03/2011
Tomomi 01/04/2011