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Bioécologie

Japon : une catastrophe nucléaire plus grave qu'à Tchernobyl ?

17 Mars 2011,

Publié par JMB

Depuis le mardi 14 mars 16h20 (heure locale), l'Autorité de Sûreté Nucléaire et Industrielle japonaise (NISA)  ne communique plus les niveaux de radioactivité dans l'atmosphère ambiant autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi !

Il est à souligner que le mercredi 15 mars, aucun communiqué n'était affiché sur le site Internet de la NISA. Ce jour là, c'est le silence total ! Alors que depuis les accidents nucléaires qui frappent le Japon (c'est-à-dire le 12 mars), la NISA nous informait régulièrement de la situation (état des réacteurs, niveaux de contamination dans l'atmosphère,...) via des communiqués de presse. Le 16 mars les communiqués de presse ont repris, mais comme j'ai pu le dire plus haut, sans aucune information concernant les niveau de contamination dans l'air sur le site nucléaire de Fukushima Daiichi.

Comment expliquer cette situation ?

Japon carte Fukushima Daiichi centrale nucléaireLe 15 mars, les opérateurs ont perdu le contrôle du réacteur N°2 de Fukushima Daiichi. Le pire des scénarios vient de se produire. La fusion partielle du cœur est confirmée et l'enceinte de confinement du réacteur n'est plus étanche. Ce qui signifie des rejets radioactifs permanents et considérables dans l’environnement. Ce que confirme l’AIEA qui signalait qu’un débit de dose dans l'atmosphère ambiant de 11.9 millisieverts par heure avait été mesuré sur le site (au niveau de la porte principale du site nucléaire). Ce débit est très élevée et hautement toxique.

Cet évènement a donc provoqué l’évacuation de la plus part des opérateurs du site. Par conséquent, il se peut que les mesures qui étaient effectuées jusqu'à présent aient été partiellement interrompues ? Il faut savoir que ces mesures étaient réalisées à partir d’une voiture qui balayait le site pour acquérir des données en fonction de la direction des vents. Cependant, on remarquera que l’AIEA indiquait le 15 mars, quand même, cette valeur de 11.9 millisieverts par heure. Qui a réalisé cette mesure ? Pourquoi les autorités japonaises, à travers la NISA, n’ont pas repris cette valeur pour la communiquer sur le site Internet de la NISA ? Le chaos – ou le choc psychologique - était tel que tous les communiqués de presse ont été interrompus ce jour là ?  

Depuis, la situation continue à se dégrader dramatiquement au sein du site nucléaire de Fukushima Daiichi, puisque c’est maintenant au tour du réacteur N°4 de connaître une grave avarie. Ce réacteur était à l’arrêt lors du séisme. Mais si l’on en croit la commission nucléaire de régulation américaine (NRC) du combustible irradié qui était stocké dans une piscine pleine d’eau, se trouve maintenant à l’air libre. Ce qui signifie que ce combustible n’est plus refroidi, et qu’il se détériore ! Si tel était le cas, les rejets de radioactivités dans l’environnement vont encore grandement augmenter. 

Evidemment cette situation pourrait encore s’aggraver si d’autres défaillances apparaissaient sur le confinement d’autres réacteurs (cette probabilité est forte; comme par exemple pour le réacteur N°3).  

Bien que le scénario soit différent de celui de Tchernobyl, L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire français (IRSN) n’exclut pas « qu’au final  les rejets radioactifs puissent être in fine du même ordre de grandeur que ceux de Tchernobyl, voir plus élevés » !

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