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Bioécologie

Surveillance de la radioactivité de l'environnement au Japon

25 Avril 2011,

Publié par JMB

L'IRSN propose un outil cartographique qui diffuse les résultats des mesures de la radioactivité de l'air à Tokyo, mesures transmises par une sonde du réseau Téléray positionnée à l'Ambassade de France à Tokyo.

Les données sont mises à jour toutes les 4 heures et sont données heure de Paris (GMT+1).

Voir la carte des résultats de la surveillance de la radioactivité de l'air à Tokyo (Japon).

Pour un historique des résultats depuis la mise en place de la balise le 18 mars 2011, consultez le site IRSN "Criter - Crise au Japon".

 

Par ailleurs, d'autres résultats de mesure de la radioactivité au Japon sont disponibles sur les sites suivants :

  • Tokyo Electronic Power Company (TEPCO) (exploitant nucléaire de la centrale de Fukushima) : Résultats des mesures de la radioactivité de l'air autour du site de Fukushima - en japonais - en anglais.
  • Ministry of Education, Culture, Sports, Science and Technologies Japan (MEXT) : Résultats des mesures de la radioactivité de l'air par préfecture - en anglais.
  • Disaster Prevention and Nuclear Safety Network for Nuclear Environment : Suivi en temps réel de la radioactivité de l'air par préfecture - en anglais.
  • Préfecture d’Ibaraki : Résultats des mesures de la radioactivité de l'air dans la préfecture d'Ibaraki - en japonais (actualisé toutes les 10 min.) - en anglais (actualisé 2 fois par jour).
  • Fukushima International Association (FIA) : Résultats des mesures de la radioactivité de l'air dans la préfecture de Fukushima - en anglais.
  • Bureau of Industrial and Labor Affairs : Suivi de la contamination atmosphérique pour la ville de Tokyo - en japonais.

 

Source : IRSN

Les animaux abandonnés dans la zone d'exclusion de Fukushima

25 Avril 2011,

Publié par JMB

Dans un précédent article, daté du 8 avril, j'écrivais que les animaux domestiques abandonnés dans la zone d'exclusion de Fukushima allaient très certainement être abattus pour des raisons éthiques et sanitaires. Tout ceci se confirme :

Source NHK world en français

" La préfecture de Fukushima a lancé une opération d'euthanasie des quelques animaux se trouvant encore dans un rayon de 20 km autour de la centrale nucléaire.

Six responsables de la préfecture, notamment des vétérinaires, ont pénétré dans la zone d'évacuation ce lundi, premier jour de la mission.

Cette zone comporte plus de 370 fermes d'élevage, soit 4 000 bovins, 30 000 porcs, 630 000 poulets et une centaine de chevaux.
Nombre de ces animaux ont péri ou souffrent de malnutrition depuis que les fermiers ont évacué les lieux. Certains errent encore en plein air.

Les animaux ne seront euthanasiés qu'avec l'accord des propriétaires, ce genre d'opération n'étant actuellement pas prévue par la loi."

Le Japon revoit sa politique nucléaire

23 Avril 2011,

Publié par JMB

Le ministre japonais délégué à la Stratégie nationale, Koichiro Gemba, préconise une révision du projet de construction de plus de 14 nouveaux réacteurs nucléaires à l'horizon 2030.

Ce samedi, devant la presse, M. Gemba a déclaré qu'il était impossible de mettre en oeuvre ce projet, prévu dans le cadre de la politique énergétique du gouvernement, suite aux problèmes survenus à la centrale Fukushima Dai-ichi.

"Les sources d'énergies renouvelables, notamment solaires et éoliennes, vont désormais jouer un rôle plus important pour la reconstruction de la préfecture de Fukushima ", a précisé le ministre, ajoutant que la région méritait d'être au centre des expérimentations en matière d'énergies parallèles."

Source NHK World en français

Tchernobyl, 25 ans après : soirée thema sur Arte

23 Avril 2011,

Publié par JMB

Mardi 26 avril 2011, la chaîne de télévision Arte consacre toute une soirée sur l'accident nucléaire majeur de Tchernobyl.

" Vingt-cinq ans après, et alors que la crise au Japon ravive le débat sur l’avenir du nucléaire, Thema enquête sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl et sur ses représentations chez la jeune génération ".

À 20h40 : Tchernobyl forever, un documentaire d’Alain de Halleux
Bande-annonce
Interview du réalisateur
Extraits vidéo

À 21h35 : Débat présenté par Annie-Claude Elkaim

À 22h00 : L’Europe et Tchernobyl, un documentaire de Dominique Gros (rediffusion du 18 avril 2006)

Toutes les informations ici

Japon : un film sur le tremblement de terre et les tsunamis / Witness: disaster in Japan

21 Avril 2011,

Publié par JMB

Dans un précédent article, je mentionnais combien il était difficile de s'imaginer la puissance des tsunamis qui ont frappé le Japon le 11 mars 2011. Je présentais alors une courte vidéo qui montrait assez bien  la force et la rapidité de déplacement de cette masse d'eau de mer qui envahit les terres.  

  Le National Geographic vient de compiler différentes séquences filmées par des habitants, des touristes, des reporteurs,... qui montrent l'ampleur des tsunamis mais aussi du tremblement de terre. Ces évènements dramatiques sont directement à l'origine de 28 000 morts et disparus.

Par ailleurs, à cause d'une sous estimation de ces phénomènes naturels et d'une défaillance dans la sûreté des réacteurs, par  divers responsables du programme nucléaire japonais, un accident nucléaire majeur s'est produit à la centrale de Fukushima Daiichi. Je reviendrai sur ce dernier point dans un prochain article.

 

 

"On March 11, 2011, a 9.0 magnitude earthquake struck 75 km off the eastern coast of Japan. The powerful quake violently shook coastal communities and large cities, including Tokyo, located 231 miles southwest of the epicenter. Almost immediately, tsunami warnings blared, urging residents along Japan’s coast to quickly move to higher ground.  For the next several hours, residents watched in horror as a series of massive waves slammed into the coast, inundating entire towns and sweeping across the countryside, laying waste to everything in its path.  Throughout, amateur videographers, news crews, government agencies, tourists, and countless others were recording the sights and sounds of the unfolding catastrophe". Next here

 

Japon : qui évacuer et quand ?

17 Avril 2011,

Publié par JMB

Au-delà de la zone d’exclusion des 20 Km autour de la centrale nucléaire de Fukushima (tous les habitants de cette zone ont été évacués), il existe des territoires fortement contaminés. En effet, dans le cas d’un accident nucléaire majeur, il faut savoir que la contamination n’est pas uniformément répartie sur le territoire. Il est tout à fait attendu de retrouver des zones plus ou moins contaminés bien au-delà des 20 Km. En fonction de plusieurs facteurs tels que la direction des vents, le taux de précipitation, le relief, les microclimats, etc., les dépôts radioactifs sont plus ou moins importants d’une zone à l’autre.

Après l’accident nucléaire qui s’est produit le 11 mars 2011, les autorités japonaises ont ordonné assez rapidement l’évacuation de toute la population dans un rayon de 20 Km autour de la centrale, et un confinement de la population dans la zone des 20 à 30 Km. Mais le 27 mars, Greenpeace mesurait des niveaux de contamination importants dans le village d’Itate et demandait au gouvernement japonais d’évacuer tous les habitants pour des raisons sanitaires. Ce village de 6 200 habitants est situé à 40 Km au nord-ouest de la centrale. Trois jours après l’alerte donnée par Greenpeace, l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) confirmait ces niveaux de contamination et recommandait également au gouvernement japonais d’évacuer toute la population d’Itate. A ce moment là, l'Agence Japonaise de Sûreté Nucléaire (NISA) n’a pas donné suite arguant que les niveaux de radioactivité ne représentaient pas un danger pour les habitants. Mais le 8 avril, la municipalité d’Itate a décidé d’évacuer les femmes enceintes et les enfants en bas-âge. Le 10 avril, c’est-à-dire un mois après l’accident nucléaire, le gouvernement a finalement ordonné l’évacuation d’Itate, mais aussi de tous les villages de cinq municipalités en raison des risques d'exposition à des radiations d'un niveau supérieur à 20 millisieverts par an. Ces évacuations doivent se dérouler ce mois-ci. Actuellement, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR) recommande que la population générale ne soit pas exposée à plus de 1 mSv par an ajouté à l’exposition naturelle. 

On voit combien il est difficile de décider qui doit être évacué et quand. Plusieurs questions doivent se télescoper chez les responsables qui gèrent cette crise. Quels critères prendre en compte pour ordonner l’évacuation des populations : le niveau de contamination de l’atmosphère ambiant, des sols, de l’eau, des produits agricoles,…? A partir de quel niveau de contamination, décide-t-on de déplacer les personnes ? Les personnes qui ne peuvent plus vivre de leurs activités (agriculture, pêche,…), donc qui se retrouvent sans ressources, doivent-elles aussi être évacuées ? Comment évacuer des milliers de personnes (transport, planification dans le temps,…) ? Où loger toutes ces personnes : à court, moyen et long terme (voire pour toujours) ? Quels sont les coûts économiques, sociétaux, individuels,…d’une telle évacuation ? Dans une crise d'une telle ampleur, peut-on systématiquement appliquer le principe de précaution ?

Voici quelques questions, mais bien d’autres sont posées dans une telle situation.

La zone d'exclusion de Fushima en image

10 Avril 2011,

Publié par JMB

Un journaliste japonais, Tetsuo Jimbon, a réalisé le 3 avril 2011 cette vidéo au sein de la zone d'exclusion de Fukushima. Dans un rayon de 20 Km autour de la centrale, tout le monde a été évacué. Il n'a croisé quelques véhicules, mais aussi des animaux domestiques qui sont dorénavant laissés à eux-mêmes (vaches, chiens, chats,...). Comme cela a été le cas dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, pour des raisons sanitaires, la plupart de ces animaux qui doivent être plus ou moins contaminés seront certainement abattus. 

 

In english:

Fukushima, Japan - The Japanese government has issued the evacuation order on March 12 for the residents living within the 20 kilometer radius of the Fukushima Daiichi Nuclear Power Plant.

Since then, residents have left their homes, and the "no man land" has been out of touch with the rest of the world.

A Japanese journalist, Tetsuo Jimbo, ventured through the evacuation zone last Sunday, and filed the following video report.

He says that, inside the evacuation zone, homes,building, roads and bridges, which were torn down by Tsunami, are left completely untouched, and the herd of cattle and pet dogs, left behind by the owners, wonders around the town while the radiation level remains far beyond legal limits.

La situation au japon par les Japonais : spécial Japon sur France Inter

8 Avril 2011,

Publié par JMB

France Inter consacre au Japon 12 heures de programmes et d’information avec notamment un 7/9 spécial en direct de Tokyo.

Dans un précédent article, je soulignais brièvement  l'apport des sciences humaines, sociales, économiques, etc. pour une analyse fine d'une problématique environnementale.

Un cas d'étude largement médiatisé se déroule sous nos yeux : depuis un mois, le Japon est touché par un accident nucléaire majeur, mais également par les dégâts considérables causés par le séisme et le tsunami. Par le canal de divers instances nationales et internationales (IRSN, ASN, AIEA, NISA,...), et divers médias, nous tentons de comprendre la situation qui se déroule au Japon et d'évaluer les effets sur la vie des japonais, leur santé, l'économie du pays, l'impact écologique,...Mais sans l'écoute des japonais eux-mêmes, il est illusoire de penser que nous pouvons saisir avec précision et justesse la situation et donc évaluer toutes les conséquences de cet accident. Bien connus des sociologues, les entretiens, les récits de vie représentent un des moyens possibles pour  mieux appréhender la situation qui se déroule au Japon.

C'est pourquoi, je vous invite à écouter les japonais à travers France Inter, qui aujourd'hui s'est déplacé à Tokyo et a dédié son antenne aux victimes et aux réfugiés.

Vous pouvez écouter actuellement ce spécial Japon sur la radio ou sur Internet. En direct, mais également en différé.

ISIDORE : des documents en accès libre en sciences humaines et sociales

6 Avril 2011,

Publié par JMB

Aout 2009 Frank et St Michel Observatoire 029Dans bien des cas, l'analyse et la compréhension d'une problématique environnementale exige un regard global sur l'objet d'étude. Seule une approche écosystémique peut permettre d'acquérir une vision d'ensemble d'une situation environnementale.  Les sciences humaines et sociales sont, entre autre,  deux disciplines incontournables pour atteindre ce but. Associées aux sciences de l'environnement, cette interdisciplinarité conduit ainsi à une analyse fine d'une problématique environnementale. Sans m'étendre sur le sujet, il est aussi à souligner l'apport indispensable d'un certain nombre de disciplines, telles que les sciences économiques, politiques, géographiques,...pour une compréhension la plus globale possible d'une situation environnementale.

Ceci étant dit, je vous propose donc de découvrir ISIDORE : une plateforme de recherche permettant l'accès aux données numériques des sciences humaines et sociales (SHS). Ouverte à tous et en particulier aux enseignants, chercheurs, doctorants et étudiants, elle s'appuie sur les principes du web de données et donne accès à des données en accès libre (open access).

ISIDORE est une réalisation du très grand équipement ADONIS (CNRS, France) et mise en œuvre par le centre pour la communication scientifique directe (CCSD/CNRS).

Japon : des poissons pêchés en mer contaminés au césium

6 Avril 2011,

Publié par JMB

ibaraki poisson cesium fish japan japonLes responsables de la préfecture d'Ibaraki viennent d'annoncer que des poissons pêchés en mer, au sud de la centrale de Fukushima daiichi, étaient contaminés au césium. Il a été mesuré 526 becquerels de césium par Kg de poissons, alors que la limite acceptable est fixée à 500 becquerels. C'est la première fois que des niveaux de césium radioactif plus élevés que les standards autorisés sont décelés dans des poissons. 

Il s'agit de poissons de la famille des Ammodytidae appelés "sand lance" en anglais. Les communiqués ne précisent pas le nom exact de l'espèce. Mais je pense qu'il pourrait s'agir de Ammodytes hexapterus, un poisson que l'on retrouve le long des côtes du Japon. 

Toutes les coopératives locales de pêche de la préfecture ont accepté de suspendre leurs prises de cette espèce de ce poisson, suite à une requête des autorités préfectorales. L'association des pêcheurs de la préfecture d'Ibaraki  demande à Tepco de stopper les rejets d'eau radioactives dans l'océan, mais également des compensations financières.

On notera que les Ammodytides sont des poissons qui aiment se réfugier dans le sédiment, comme le montre cette vidéo. C'est un poisson qui se nourrit de zooplancton, mais également d'organismes benthiques (vers, crustacés,...). Dans un article précédent, je précisais que le sédiment était un compartiment privilégié pour accumuler certains polluants et en particulier, le césium. Il serait pertinent de mesurer la quantité de césium dans le sédiment et les organismes benthiques pour apporter des réponses à cette question : existe-t-il, ou non, une corrélation positive entre le niveau de contamination en césium des poissons, du sédiment et des organismes benthiques (plus précisément les proies de ces poissons) ? En se basant sur ce résultat et d'après la biologie de cet organisme (domaine vital, régime alimentaire,...), il serait alors possible de déterminer la voie privilégiée de contamination de ces poissons, et par la-même, d'estimer si cette contamination perdurera ou non dans le temps. Comme j'ai déjà pu le mentionner par ailleurs, il serait également pertinent d'étudier les effets de cette contamination à l'échelle de la population. Par exemple, cette contamination va-t-elle avoir un impact sur le succès reproducteur des poissons ? Le succès reproducteur peut être affecté de plusieurs manières : (i) un effet direct sur le système reproducteur, la gamétogénèse, l'allocation des ressources énergétiques (moins d'énergie est allouée à la reproduction),...(ii) des effets indirects tels que par exemple une diminution de la quantité des proies et donc au final des poissons en moins "bonne" santé, ce qui aura des répercussions sur leur reproduction. Pour bien estimer les impacts sur la dynamique des populations de poissons, donc in fine sur la ressource halieutique, il sera indispensable de mener ce type d'étude.

D'autres informations ici (en anglais).