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Bioécologie

Connectivité et conservation de la biodiversité marine

15 Avril 2015,

Publié par Bioécologie

par Katell Guizien

Chercheuse CNRS au Laboratoire d’Ecogéochimie des Environnements Benthiques (LECOB),
UMR8222 CNRS-UPMC, Observatoire Océanologique de Banyuls

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Mots clés : connectivité, habitats, populations, biodiversité marine, préservation de la biodiversité,
aires marines protégées, trame bleue marine, dispersion larvaire
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Introduction

En fixant un objectif de protection de 10 % des océans en 2020, le Plan Stratégique pour la Biodiversité 2011-2020 impose également d’étayer ces mesures de protection par une réflexion scientifique sur la représentativité écologique de zones protégées inter-connectées (COP 10, 2010). La feuille de route est claire : la connectivité, si chère à nous autres humains sur la toile virtuelle, devient un enjeu majeur en biologie de la conservation.

De nos jours, l’essentiel des mesures de conservation de la biodiversité sont basées sur le principe de régulation des activités humaines dans des zones naturelles géographiquement délimitées, dites protégées. Ainsi se pose tout d’abord la question de la taille minimale efficace de ces zones protégées pour assurer l’objectif de conservation, à savoir la persistance des espèces au fil des générations. L’objectif de conservation dans une zone géographique renvoie au concept écologique d’habitat qui décrit un ensemble d’éléments du paysage constituant le milieu et offrant les ressources suffisantes pour permettre la survie des espèces qui le peuplent. Certains auteurs estiment qu’un habitat (parce qu’il évolue) n’implique pas une viabilité à long terme pour les espèces locales, mais au moins une viabilité à court terme (Rosenberg et al., 1997). Ainsi, de nombreuses espèces qui nous sont familières présentent des comportements migratoires au cours de leur cycle de vie entre des zones géographiques différentes, leur permettant de maintenir les fonctions nécessaires à la survie de la population que sont la croissance et la reproduction.

Dans la pratique, la taille des zones protégées varie sur plusieurs ordres de grandeur de plusieurs centaines de km2 en milieu terrestre (530 km2 pour le Parc National de la Vanoise créé en 1963, 923 km2 pour le Parc National des Ecrins créé en 1973) à quelques km2 voire quelques centaines d’hectares en milieu marin (29 km2 pour la partie marine du Parc National de Port-Cros créé en 1963, 650 ha pour la Réserve Naturelle Marine de Cerbère-Banyuls créée en 1974). Ces différences de taille semblent davantage s’expliquer par des arguments pragmatiques de mise en œuvre de la régulation que par des fondements scientifiques (écologiques). En effet, si les nécessités de migration des animaux terrestres justifient de grands espaces, il est étonnant que le caractère fortement dispersif des courants en milieu marin ait été absent de la réflexion sur l’implantation des aires marines protégées (AMP).

Lire la suite ici

Figure 1 : Schéma du cycle de vie de la plupart des espèces marines (extrait de Guizien et al., Limnol. and Oceanogr. 57(4), 2012, 1099-1112) )

Figure 1 : Schéma du cycle de vie de la plupart des espèces marines (extrait de Guizien et al., Limnol. and Oceanogr. 57(4), 2012, 1099-1112) )

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